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Téléphone portable : comment se protéger
Le portable, c'est pratique, mais c'est dangereux. Comme l'amiante, sauf que nous y sommes toutes et tous exposés. Car un portable en veille émet en permanence des ondes imperceptibles qui traversent la peau et viennent modifier le fonctionnement de nos cellules. Et les micro-ondes émises par les portables sont mêmes capables de passer au travers des murs.
Ceux qui se croient à l'abri parce qu'ils ne s'en servent "presque pas" sont donc tout autant concernés que les "accros". Et que ceux qui "ne peuvent pas travailler sans" leur portable.
Quelle durée de communication ne pas dépasser ? Faut-il utiliser une oreillette ou un kit mains-libres sans fil ? Les "protections" collées sur les appareils sont-elles efficaces ? Comment se protéger en cas d'usage professionnel ? Les autres appareils sans fil sont-ils sans risques ?
Ceux qui veulent agir pour préserver leur santé et celle de leur entourage trouveront dans ce livre d'utiles conseils basés sur des faits scientifiquement prouvés et sur une enquête minutieuse.
Journaliste d'investigation scientifique, Annie Lobé enquête depuis 2001 sur la téléphonie mobile. Ses articles ont été publiés dans Sciences et Avenir, Notre Temps, Questions de femmes, Le Généraliste, Village Magazine, Nexus, Monsieur et Tribune Santé.
17 € TTC, 267 pages, format 14 x 20,5 cm. ISBN 2-916653-01-5.
Préface
Par Robert Masson*
Dans la santé, il y a la part de l'inéluctable, de l'"imposé", du génétique, mais il y a aussi l'immense importance du libre choix, de la décision de l'individu. Dans le domaine qui est le nôtre, la diététique et l'hygiène vitale, plus d'un demi-siècle nous a appris que la santé dépend de nos choix délibérés de telle ou telle alimentation, tel ou tel mode de vie.
Mais parfois, malgré des choix logiques et judicieux, les résultats ne sont pas à la hauteur de nos efforts. Il n'y a pas mystère à cela, tout simplement le fait que certains facteurs portant atteinte à notre santé, à notre vie, n'ont pas été soupçonnés.
C'est pourquoi nous sommes heureux de faire cette préface à Annie Lobé qui, avec rigueur et patience, a mené une investigation claire et circonstanciée sur les rayonnements magnétiques pulsés, dont l'importance dans l'altération de la santé de tous est ô combien ignorée et sous-estimée.
Nous souhaitons à ce travail tout le succès qu'il mérite et toute la diffusion nécessaire.
C'est tout simplement l'intérêt public et l'avenir de l'humain qui se joue ici.
* Directeur du CENA, Centre européen de naturopathie.
Ex-enseignant à la faculté de médecine Paris XIII,
département naturopathie.
Prix international de l'académie diplomatique de la Paix.
Auteur de Diététique de l'expérience et du Précis de pédiatrie
naturopathique (Guy Trédaniel éditeur, 2005 et 2006).
Quelques pages
Chapitre 1
Un instinct de survie bien développé
Après la lecture d'un article expliquant les méfaits des téléphones portables sur le cerveau (1), Jérémy, 16 ans, a immédiatement mis son portable en panne pour être sûr de ne jamais plus s'en servir.
Comment ? Tout simplement en appuyant simultanément sur plusieurs touches jusqu'à ce qu'il se bloque.
Rares sont les personnes dotées d'un instinct de survie aussi développé.
" Arrêter complètement le portable, moi ? Jamais !" Si c'est ce que vous pensez, vous êtes fin prêt(e) pour ce livre.
Pendant ces cinq dernières années, j'ai parlé des dangers du portable avec de parfaits inconnus dans le métro, en train, chez les commerçants, dans la rue, partout. Cela m'a permis d'observer les réactions de plusieurs centaines de personnes.
Les utilisateurs rencontrés se répartissent en six catégories :
1. Les insouciants : ils ne pensent pas que leur téléphone est dangereux et cette question ne les intéresse pas.
2. Les inconscients : ils n'ont jamais entendu parler de rien. Leur première réaction en entendant que leur portable peut avoir des effets nocifs est la surprise, suivie par l'inquiétude. Les enfants et certains adolescents sont dans ce cas.
3. Les informés : ils sont conscients du danger, mais sans trop y croire. Ils ont lu ou entendu quelque chose à ce sujet, mais n'ont pas modifié leurs habitudes pour autant.
D'autres informés (ou croyant l'être) sont absolument certains de l'absence de nocivité de leur portable. Un sourire condescendant apparaît sur leurs lèvres quand vous leur affirmez le contraire.
4. Les impavides (2) : ils pensent qu'un danger existe, mais sont persuadés qu'eux-mêmes n'ont rien à craindre. Ce sont généralement des personnes en excellente santé, " jamais malades" .
5. Les méfiants. Ils laissent leur portable éteint la plupart du temps, ne le portent jamais sur eux. Parmi eux, trois utilisateurs seulement avaient complètement arrêté le portable en se débarrassant purement et simplement de leur appareil. Deux autres avaient arrêté de s'en servir en le conservant "au cas où" , comme d'anciens fumeurs garderaient quelques vieux mégots en réserve pour le jour où l'envie de replonger deviendrait intenable.
6. Les désabusés. Ils "savent" que leur portable finira par les tuer et cela ne les dérange pas le moins du monde.
Quand je demande aux rares irréductibles pourquoi ils n'ont pas et n'ont jamais eu de portable, ils répondent laconiquement : "Parce que je n'en ai pas besoin" ou "Parce que je n'aime pas avoir un fil à la patte" . Helga, 54 ans, m'a étonnée en répondant du tac au tac : "Par instinct." Jérôme, 26 ans, n'en veut pas et résiste à cette acquisition. Il subit une forte pression de son entourage : en guise de cadeau d'anniversaire, il s'est vu offrir... un téléphone portable !
L'engouement pour cet objet vient de ce qu'il comble deux facettes essentielles de la psyché humaine que sont la soif de reconnaissance et la peur de l'abandon. Tel un cordon ombilical, il constitue un rempart contre la solitude. Un rempart si épais qu'il en devient parfois difficile à traverser. On a du mal à réprimer un sourire en voyant des gens debout dans la rue, ou assis seuls à la terrasse d'un café, absorbés par une communication animée avec un interlocuteur invisible. Ou encore deux amis qui partagent la même table de restaurant mais pas la même conversation, chacun étant au téléphone avec un absent.
Combien étonnante est l'observation, dans le métro parisien ou le TGV, de personnes de tous âges serrant leur téléphone portable entre leurs doigts comme un enfant craintif tient son doudou. Certains le regardent, tapotent ses touches sans raison apparente, le caressent. D'autres le frottent machinalement sur leur menton, leurs joues ou sucent le bout de l'antenne. Jacques Citerne, un chercheur qui a suivi les travaux de conception du GSM (3) dans les années 1980 (CNRS de Paris et INSA de Rennes), est un utilisateur de longue date. Incapable de se souvenir de l'année de sa première utilisation, il conclut par une pirouette : "J'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec."
Ce qui n'est en définitive qu'un objet a été élevé au double rang d'organe corporel et d'alter ego.
Les mises en garde contre les possibles effets nocifs de cet appareil technologique sont fréquemment mal reçues : "Il faut bien mourir de quelque chose !" s'exclament ceux qui n'envisagent plus de vivre sans lui, pour justifier leur attachement. Autrement dit, ils sont prêts à perdre la vie par amour pour leur portable. Malheur à qui tenterait de les en séparer : ils seraient prêts à lui arracher les yeux !
Si une lance était pointée à quelques centimètres d'eux, leur instinct de survie entrerait immédiatement en action : leur cerveau commanderait de s'enfuir ou d'attaquer pour échapper à la mort. Mais, comme les accros du tabac, bon nombre d'adeptes du portable accueillent l'idée d'être tué par lui plus sereinement que la perspective de cesser de l'utiliser.
Comme si leur instinct de survie avait été, en définitive, la première victime de leur téléphone portable. |